Histoire de la compagnie

La compagnie La Flambeau tire son nom du texte dramaturgique éponyme de Faubert Bolivar pour lequel il a été récipiendaire du Prix Paulette Poujol Oriol et George Corvington en 2013. Dans ce texte divisé en huit tableaux, le poète-dramaturge livre le recit d’un viol et, subsequemmet, du procès du violeur qui se déroule suivant les codes de la justice des loas.

Puisant dans l’univers vaudou, il campe Ogou la Flambeau comme un loa dont la mission serait de corriger les failles de la justice des hommes. La compagnie est née de cette idée de justice; de la nécessité d’une parole impartiale capable de questionner le monde et son ordre injuste en donnant vie/voix aux minorités.

Créée le 15 août 2019, la compagnie La Flambeau s’inscrit dans la filiation de l’Ethnodrame tel que théorisé par le dramaturge Frank Fouché et l’ethnologue Louis Mars. Le vodou est une forme dynamique de théâtre nous dit Franck Fouché. Selon ces penseurs, le vaudou renferme, à différents égards, des pratiques expressives qui s’apparentent aux arts dramatiques; en ce sens, l’ethnodrame serait une forme de scénarisation où les pratiques rituelles (chants, prières et danses) relevant du culte vodou et les préoccupations dramaturgiques s’enchevêtrent.

La Flambeau se fixe pour objectif de créer et diffuser des spectacles vivants en France, en Haïti, à la Guadeloupe (et dans d’autres pays) dans une démarche qui se prête autant à l’espace public qu’aux boîtes noires. Le public que nous visons est pluriel: il est fait de jeunes, d’adultes et de vieux sans consideration de sexe, de genre et d’appartenance ethnique et/ou politique.

Sensibiliser, interpeller, transmettre des émotions, créer une communauté d’empathie -pour que le théâtre redevienne l’espace de déploiement d’une parole publique, faite d’une multiplicité de voi(x).e.s portant les questions existentielles de notre époque- tel est le vœu de cette compagnie.